extrait d'un de mes romans

Quelques jours plus tard Jean Denis me convie à une soirée chez des amis qu'il connaît depuis peu.  Je suis toujours étonné par l'aisance et la rapidité avec lesquelles il noue de nouvelles relations, pénétrant tous les groupes et tous les milieux avec un flegme souriant. Ces gens sont  des bourgeois parisiens, probablement en mal d'exotisme.

Ils habitent une belle maison individuelle, à l'orée des Buttes Chaumont, une rue calme où les pavillons sont plus nombreux que les immeubles. On se croirait en banlieue.

 Lorsqu'elle nous ouvre la porte, la maîtresse de maison adresse à Jean Denis un clin d'œil complice puis, attendant les présentations d'usage, me jauge d'un oeil expert. Elle a dépassé la trentaine, porte une robe de soirée qui ne cache que la pointe de ses seins et dénude entièrement son dos, qu'elle a d'ailleurs fort bien fait.

Dans le salon, les invités boivent un verre en compagnie du mari, agent immobilier à qui les affaires semblent sourire, si j'en crois la luxueuse décoration de l'appartement.  Le champagne ne sert  que de soda pour étendre les généreuses rasades de single malt que Monsieur sert à la ronde. Quel mépris pour le champagne !

Il pourrait faire ça avec de l'eau gazeuse ou du coca, sans blague …

Au risque de déplaire, j'insiste, poliment mais fermement, pour du champagne nature, sans adjonction de whisky. On peut accepter, à la rigueur, de le boire additionné de cognac ou de cassis, quoique ce ne soit pas indispensable, mais la tolérance et l'ouverture d'esprit ont leurs limites…

 

Bientôt, Monsieur, qui boit plus que de raison, commence à divaguer mais nul n'en prend ombrage. Tous ces gens, parfaitement à l'aise, se prennent à constituer des couples qui s'installent confortablement sur les canapés, les lits, ou sur la moquette.

 La musique s'adoucit tandis que quelque variateur d'intensité lumineuse apporte une note adroite de demi-teinte relaxante. La cravate dénouée, les cheveux en bataille, Monsieur dort sur le dos, affalé dans un fauteuil, la bouche ouverte.

Il ronfle.

Marie- Loraine, une jeune femme qui s'est montrée pleine d'attentions, se proposant à chaque instant de remplir mon verre, m'invite à trouver un endroit où nous serions plus tranquilles pour discuter. D'accord, allons « discuter ».

La conversation dans un endroit tranquille, je n'y  suis nullement hostile Merci, Madame, de deviner que ce déballage collectif me gêne. Sans être particulièrement prude, je n'éprouve aucun plaisir, ni aucune envie, à la vue de ces gens qui s'embrassent et se caressent en public.

La première chambre, à droite, est occupée par un couple que notre irruption ne dérange nullement dans ses ébats. Les ressorts du lit grincent en cadence, leur union paraît quelque peu mécanique. Certains attelages manquent d'huile.

La deuxième porte est celle de la salle de bains. Pourquoi pas ?

En une fraction de seconde, et avant de refermer précipitamment la porte, gêné, j'aperçois la maîtresse de maison, entièrement nue, à genoux devant Jean-Denis qui se tient debout, guère plus vêtu qu'elle, les yeux fermés. A en juger par les spasmes qui l'animent  il ne dort pas, Jidey. Et la bouche de Madame semble fort experte.

 

Enfin ! La troisième porte s'ouvre sur une pièce vide. C'est un bureau, encore décoré de manière ostentatoire. Sur les rayons de la bibliothèque sont alignés des livres reliés, que l'on dirait achetés au poids, ou au mètre. Plus en fonction de leur aspect que de leur contenu. Ce n'est pas, à l'évidence, celle de quelqu'un qui aime lire. C'est une bibliothèque uniquement destinée à exposer de belles reliures dorées. A être vue.

Il n'y a pas de lit.

Nullement décontenancée, Marie- Loraine entre et referme la porte derrière elle. Je l'enlace sans véritable conviction. Il me semble que le jeu est faussé, que je n'ai même pas choisi celle-là plutôt qu'une autre. En fait, c'est elle qui a choisi,  et ça, je n'en ai pas l'habitude.

 Elle n'est pas franchement jolie mais possède une élégance certaine, un charme distingué et une incroyable dextérité, aussi, pour déboutonner mon pantalon en un tournemain. Plus fort qu'un pickpocket !

 

 

 

 Sous ses airs réservés, se cache en réalité un redoutable appétit. Avant que je n'aie pu esquisser le moindre geste me permettant de prendre la direction des opérations, sa main m'a déjà empoigné. Fermement. Tout en m'embrassant, goulue, et me caressant la nuque, adroite, elle s'est assise sur le bureau, jambes écartées. Elle ne porte pas de culotte. De son buisson soigneusement taillé ne subsiste qu'un petit triangle discret.

Elle me tire sans ménagement, c'est incroyable comme on est docile dans ces moments là, m'amène à elle, puis, s'étant assurée que le mouvement amorcé allait se poursuivre, se renverse de tout son long et m'enserre de ses jambes. Belle gymnastique !

Elle halète, se tortille et gémit. Lorsqu'enfin je me retire, satisfait, c'est pour achever d'ôter mon pantalon qui avait glissé autour de mes chevilles, gênant quelque peu mes mouvements.

 

-Mon cher Simon, tu es un jeune homme charmant, murmure-t-elle. Sans doute un peu rapide, mais tellement naturel et assez bien pourvu…

Je trouve le propos vulgaire et  ne suis pas flatté. J'ai la sensation d'avoir été totalement réifié, réduit à la stricte condition d'instrument de plaisir, ce qui  me vexe quand même un peu. Vous savez, Madame, même si vous ne le voyez pas, j'ai aussi un cerveau !

 

J'imagine la lassitude des femmes qui ne se sentent désirées que comme instrument de jouissance charnelle. Ce doit être extrêmement pénible, à la longue. Moi, la seule fois où cela m'arrive aussi ouvertement, je trouve que c'est déplaisant. Sans doute qu'au fil des siècles elles s'y sont habituées. Certaines savent probablement en tirer parti. Grâce à l'habitude.

Avant que je n'aie eu le temps de me ressaisir et de reprendre totalement mes esprits, elle s'est agenouillée, en équilibre sur le fauteuil.

Elle me tourne le dos et m'offre un charmant fessier rebondi, tendu par une cambrure qui ne cache rien.  C'est juste la bonne hauteur. Elle se tortille d'impatience. Difficile de refuser ce genre d'invitation. Bien malgré moi, c'est reparti. Je vais et viens au plus profond d'elle, mes assauts décuplent ses mouvements.

Elle vibre.

 

 

 

 Elle m'invite ensuite à m'asseoir à mon tour sur le fauteuil et me chevauche avec une telle ardeur que j'ai peur que quelque chose en elle ne se brise. C'est fantastique !

Elle alterne rotations du bassin et mouvements endiablés, caresses précises du bout des ongles et petits agacements tactiles. Sa dextérité me laisse pantois.

Je m'efforce de ne pas jouir trop vite.

Puis elle me fait allonger au sol et continue sa course hippique, d'abord à genoux puis les pieds bien à plat sur le sol, sans jamais me souffler son haleine dans la figure, ni commettre la moindre faute de goût. Fort heureusement pour moi, elle ne fouette pas sa monture. Le plaisir éclate en mille gerbes.

 Cette jeune femme a bien su éveiller mes sens, moi qui croyais, au début, ne la désirer que très modérément.

Jean  Denis entre dans le bureau.

 Il nous trouve enlacés, prêts à recommencer.

-Eh bien Simon, tu ne veux pas échanger ?

Madame t'attend dans la salle de bains. Elle a du métier, je peux te le certifier. En plus, elle te trouve séduisant, tu sais !

-Vas-y, pendant que je raccompagne Marie- Loraine au salon.

 



Article ajouté le 2007-10-25 , consulté 72 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " PERSONNEL "

Retour aux articles