La secrétaire de direction (suite)
Dès qu'il eut lui-même repris une pose convenable, Brigitte lui fit observer :
-J'ai eu beaucoup de plaisir et je t'en remercie, sincèrement.
Mais ne crois pas que mon attitude professionnelle pourrait en être affectée et n'attends pas autre chose de moi que ce que je t'ai offert à l'instant.
D'ailleurs, s'il devait y en avoir d'autres, j'aimerais mieux que ces séances ne se déroulent pas sur notre lieu de travail, et que tu ne m'empêches pas de faire correctement ce pour quoi je suis payé, et dont la galipette ne fait pas partie.
J'ai une vie de famille et je suis ton employée. Tâche de ne pas l'oublier.
Un peu refroidi, Bertrand jugea préférable de ne pas répondre.
Les jours qui suivirent lui furent assez pénibles car il avait la sensation qu'elle évitait soigneusement de se trouver seule avec lui et qu'elle ne gardait aucun souvenir de ce qui était advenu.
Les rendez-vous d'affaires se multipliaient, Brigitte organisait son agenda avec une assurance et une maîtrise que l'impressionnaient.
Lorsqu'elle assistait aux entretiens elle le laissait conduire les négociations, afin que nul ne doute de sa position, mais chaque fois qu'il l'y invitait du regard elle prenait habilement les négociations en main et leur faisait souvent prendre un tournant décisif.
Aussi fermes qu'ils puissent être en affaires, Bertrand voyait bien que les clients étaient sous le charme et se ralliaient à la justesse de son raisonnement : elle les tenait sous l'emprise de ses jolis yeux bleus et fermes comme l'acier, sans ciller, sans se détourner de son cap ni dévier de son objectif.
S'il lui fallait perdre un pouce de terrain elle le concédait avec intelligence mais faisait toujours en sorte d'obtenir quasi instantanément une compensation qui surpassait le prix de ce qu'elle avait consenti.
Environ une semaine après l'intermède sulfureux qui lui avait échauffé les sangs et avait passablement taché le cuir fauve de son sous-main, n'y tenant plus, Bertrand annonça en fin de matinée un repas d'affaires et une réunion de travail chez un client important en exigeant que Brigitte l'accompagne.
Martine et Léonie, les deux secrétaires proches de la retraite qui avaient secondé son père durant des années firent la moue mais se gardèrent bien de protester.
Brigitte se refait une beauté en vitesse devant le miroir des toilettes, se recoiffe et fait irruption dans la salle de staff sans rien montrer de ses interrogations personnelles.
Bertrand la détaille malgré lui et la trouve particulièrement séduisante, avec sa jupe anthracite moulante et son chemisier de soie grège : elle a vraiment l'art d'être sexy sans être vulgaire et offre au regard des rondeurs qui attirent l'œil et la main plus sûrement qu'un aimant.
Bertrand la conduit dans une charmante auberge des Yvelines, vieille demeure bourgeoise tapie au fond d'un parc de cèdres et de rhododendrons.
La salle immense est agencée avec soin autour d'une gigantesque cheminée tandis que des massifs de plantes en pots rompent la symétrie et offrent un peu de discrétion à ceux qui recherchent l'intimité.
D'un œil rapide, Brigitte apprécie la lueur des cuivres rouges, tous impeccablement astiqués, la qualité des lourdes nappes de serge grenat et l'éclat irréprochable des verres de cristal sur les tables.
Lorsque le maître d'hôtel les dirige vers la table de deux couverts qu'il a réservée, Brigitte comprend que le déjeuner sera en fait un tête à tête avec Bertrand et que nul client n'y a été convié.
Elle ne s'en émeut pas, garde sa sérénité et redevient agréable, comme si elle était à nouveau sensible au charme de son patron.
Bertrand ne se sent plus de joie, il retrouve l'espace d'un instant la femme attirante qui a su le séduire, les sourires mystérieux, les regards énigmatiques, le charme envoûtant de cette assistante hors pair.
Elle refuse toute boisson alcoolisée, préférant l'eau gazeuse, et Bertrand, suivant son exemple, renonce au verre de bon vin qu'il avait un instant imaginé, avant qu'elle ne l'interroge, avec un brin de perfidie :
-Si je ne m'abuse, cette réunion de travail chez ton client se déroulera également en tête à tête ?
N'y tenant plus, il se jette à l'eau comme avec la fougue et la maladresse d'un jeune chiot :
-Brigitte, je t'aime, je te désire, je voudrais que tu sois tellement plus que ma secrétaire, tu as les qualités requises pour devenir mon associée, je voudrais te rendre heureuse, je voudrais….
Sans se départir de son calme elle prend la direction des débats, comme elle sait si bien le faire en situation professionnelle.
-Allons, Bertrand, tu es célibataire, chef d'entreprise, et moi je suis mariée et secrétaire. Je pense que tu me nommeras assistante et sauras faire de moi ton bras droit si tu ne mélanges pas tout, mais attention, le bras n'est ni la cuisse ni la fesse.
D'ailleurs, honnêtement, tu n'auras pas à le regretter, je te suggèrerai quelques pistes de réorganisation des équipes et du secrétariat.
Je veux bien partager occasionnellement ton intimité car tu es un jeune homme vigoureux et que tu me plais bien, enfin je veux dire physiquement.
Mais qui te dis que je ne suis heureuse, à ma manière ?
Et surtout ne te méprends pas : en aucun cas je ne voudrais autre chose que le plaisir des sens avec toi, et pour rien au monde je n'accepterai que tu confondes la chair et l'amour.
Quant à cette réunion de travail, aujourd'hui, je veux bien tout ce que tu voudras du moment que tu ne te trompes pas sur les décisions qui en résulteront.
Un peu abasourdi, Bertrand la laisse parler, engloutit son carpaccio d'ananas au citron vert et au sucre de canne sans vraiment déguster ce qu'il mange et comprend que dans cette relation avec sa subordonnée il ne maîtrise rien, contrairement à ce que sa position de chef d'entreprise lui avait laissé espérer.
Il croyait que son statut d'employeur lui octroierait le droit de se faire désirer, il a compris que c'est elle qui accepte ou refuse ses ardeurs.
Il pensait qu'elle aspirerait à diriger l'entreprise avec lui, elle le ramène sans ménagement aux réalités sociales, en revendiquant un statut d'employée.
Il espérait surtout qu'il lui suffirait de déclarer son amour pour être aimé en retour, il réalise qu'il n'en est rien, et que pour tendre et affectionnée qu'elle puisse être avec lui, elle n'en conserve pas moins une tête froide et des principes intangibles.
Brigitte ne manifeste aucune surprise lorsque, après le café, il la conduit vers les chambres aménagées dans une dépendance au fond du parc.
Tandis qu'elle se déshabille sans le moindre complexe il tire les rideaux de velours pour ne laisser subsister que la pénombre qu'il sait chère aux femmes, croyant que l'obscurité sera de nature à favoriser une plus grande intimité.
Elle l'arrête dans son élan et le convainc de trouver le juste équilibre entre l'ombre et la lumière, sachant, dit-elle, que les hommes ont besoin aussi du plaisir des yeux.
Il faut dire qu'elle est très jolie, avec sa poitrine pleine, ses hanches larges, ce ventre légèrement bombé et cette assurance que lui confère une croupe magistrale.
C'est sans la moindre hésitation qu'elle met à profit son ardeur naturelle pour lui appliquer une caresse discrète du bout des lèvres, qui s'enhardit ensuite en une succion affirmée, qui se poursuit par une absorption croissante qui le sidère et s'achève par une totale acceptation de sa virilité dans une gorge qu'il sent réceptive et complice.
Bertrand n'en revient pas, aucune femme ne lui a jamais accordé cette faveur ultime que de l'engloutir jusqu'à la racine, il se félicite de s'être soigneusement rasé le pubis et comprend, lorsque Brigitte commence à tousser avec une insistance renouvelée, que ses propres sécrétions intimes, celles là mêmes qui se distinguent par leur transparence, se répandent sans retenue dans la gorge de sa partenaire.
a suivre...

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