Les netsukes
Les netsukes.
Habituellement décrits comme des boutons de kimono indissociables de la tradition japonaise, les netsukes sont plus exactement de petits objets sculptés dans une matière dure et perforés de deux orifices permettant d'y nouer un cordon et donc de porter une bourse, un étui de cuir ou divers petits accessoires rattachés au kimono.
Purement utilitaires à l'origine, les netsukes deviennent progressivement des objets de parure, leur raffinement progresse par la délicatesse de leur sculpture, par le choix de matériaux mais également grâce aux associations que ceux-ci permettent.
La production explose au dix neuvième siècle en raison de l'engouement des occidentaux pour cet art populaire porté au plus haut point de perfectionnisme et d'esthétique extrême orientale qui fait de ces petits objets des œuvres d'art à part entière.
Les américains séjournant au Japon puis les européens s'y intéressent et engendrent une demande qui va progressivement faire évoluer la création essentiellement en faveur de l'exportation.
Les pièces les plus raffinées sont signées et certains sculpteurs sont extrêmement connus.
Les netsukes sont traditionnellement sculptés dans de l'ivoire, du bois, de la corne ou du corail.
Les netsukes érotiques.
La production de netsukes érotiques est impressionnante par sa diversité, sa qualité, son niveau de licence et son inventivité.
Les couples mis en scène ne sont pas vulgaires, même dans les positions les plus invraisemblables.
Très souvent l'homme et la femme qui s'accouplent regardent le ciel et semblent le remercier du cadeau qu'il leur offre, cette jouissance aussi vieille que l'humanité et inhérente à sa perpétuité.
Ces visages qui se tournent vers le ciel en exprimant le plaisir qu'ils ressentent ont quelque chose de transcendant, de superbe et de magnifique.
Même lorsque les organes sexuels sont représentés, ils le sont de manière stylisée, sans ostentation, sans pornographie, pourrait-on presque dire, comme si l'artiste voulait montrer l'amour et non le sexe.
Bien entendu, il existe quelques pièces d'abouchement un peu cavaliers, mais l'ensemble dégage surtout un fantastique hymne à l'amour humain et non l'ambiance sordide des films pornographiques occidentaux : les netsukes érotiques constituent un art à part entière dans lequel l'amour prime sur la sexualité, malgré la crudité des représentations et la précision des attouchements.
Certaines œuvres osent des scènes de triolisme ou d'homosexualité, confirmant que la société japonaise connaît toutes les formes de sexualité qui ont cours en occident : rien ne sert de s'en offusquer, la tolérance consiste à ne pas se froisser de ce qui réjouit autrui dès lors que rien ne vous est imposé à titre personnel.
Hymne à l'amour, chant de grâces et remerciement à la vie, ces pièces doivent être comprises comme des actes de profonde gratitude, de reconnaissance et de célébration de l'amour humain et non comme de vulgaires représentations pornographiques.
Il convient bien entendu de les rapprocher des estampes licencieuses,
des enluminures perses et indiennes ou de la très libertaire statuaire indienne célébrant les innombrables joies de l'accouplement et de la sexualité.

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