La secrétaire de direction (suite)
Lorsqu’il décide de la prendre en levrette, il perçoit autant son excitation que sa déception, elle aurait aimé qu’il s’étende tout simplement sur elle et qu’elle relève légèrement les jambes, comme des milliers de gens l’ont fait avant eux.
Et l’après midi doucement s’étire au gré des assauts répétés et des silences qui s’emplissent de soupirs, tantôt elle le chevauche comme une amazone, tantôt il s’allonge à ses côtés et poursuit en douceur une lente rotation des hanches avant qu’elle ne l’invite à partager une nouvelle fantaisie dont elle a le secret.
A présent, Brigitte a posé ses coudes sur la table, tient ses joues dans ses mains et cambre ses hanches suggestives afin de l’inciter à venir se coller debout derrière elle.
En voyant cette croupe offerte comme un calice, Bertrand ne sait résister au désir qui monte en lui comme une puissante lame de fond et, s’agrippant à elle, il se tend comme un arc.
Elle le contraint ensuite gentiment à s’asseoir dans le fauteuil.
Prenant appui sur les accoudoirs, elle contrôle savamment le rythme qu’elle lui impose, l’obligeant à maîtriser son ardeur et à suivre les mouvements qu’elle lui intime avec ses hanches.
Vers dix huit heures, repu, satisfait, presque somnolent, Bertrand réalise qu’il lui faut bien redescendre sur terre.
Tandis qu’il écoute couler le jet de la douche et entrevoit par la porte entrebâillée, une cuisse ou un sein dans la vapeur d’eau et la buée qui moutonne, Bertrand se dit que cette fille est une vraie bombe, et qu’il la lui faut.
-Elle finira bien par quitter son mari, se dit-il avec détermination, comme pour se convaincre de réussir à la séduire vraiment.
Bientôt, Brigitte lui propose de mettre à profit le prochain départ en retraite de Léonie pour se charger de lui sélectionner des candidates au poste d’assistante, et Bertrand sourit car il est convaincu qu’afin de conserver l’indéniable avantage que constitue sa position privilégiée, Brigitte va faire en sorte de ne sélectionner que des filles aussi efficaces que dépourvues du moindre charme.
Il s’attend à des filles en col Claudine boutonné jusqu’aux oreilles, à des intellectuelles boutonneuses, ou pire, à ces filles qui n’éprouvent d’attrait que pour leurs consoeurs.
Néanmoins il la conforte dans cette mission délicate :
-Ma chère Brigitte, vous avez carte blanche, je ne verrai que les finalistes mais soyez exigeante, je ne veux voir que les meilleures.
Absorbé par ses activités professionnelles, Bertrand a laissé toute initiative à son assistante et n’a nullement cherché à savoir comment elle entendait procéder.
Un matin, quelques jours seulement après la cérémonie de départ de Léonie, Brigitte l’informe que deux candidates ont subi avec succès les tests de sélection qu’elle a organisés et qu’elle voudrait qu’il les reçoive le jour même à dix sept heures.
Un rapide coup d’œil à son agenda ouvert sur le bureau lui confirme ce qu’il n’était même pas nécessaire de vérifier, il est libre à partir de 16 heures quarante cinq.
Il se lève pour essayer de fermer la porte de son bureau dans l’espoir de lui voler un baiser, elle s’esquive avec autant de grâce que de présence d’esprit et chuchote au passage :
-Pas ici !
A seize heures trente précises Brigitte frappe, entre dans le bureau de Bertrand, s’assied dans un des deux fauteuils visiteurs en cuir et croise les jambes, ce qui fait remonter une peu sa jupe, qu’elle prend le soin de lisser, sur des cuisses gainées de bas couleur chair.
Bertrand s’efforce de la regarder droit dans les yeux.
-J’ai essentiellement sélectionné ces deux profils au regard de leurs compétences professionnelles car nous avons besoin de collaboratrices qui soient capables de piloter des négociations commerciales, et non de secrétaires se contentant de gérer la dactylographie, la logistique et l’intendance.
Elles sont toutes les deux trilingues, diplômées de bonnes écoles de commerce et possèdent des références haut de gamme.
Il faudra donc, quelle que soit celle que tu choisis, et cela m’est égal, que tu aies l’intelligence de la rémunérer à la hauteur de son profil et de son expérience.
Bertrand est un peu perplexe sur le choix des mots et s’interroge sur le sens caché qu’il croit percevoir chez son assistante. Profil ? Expérience ?
Une boutade en usage chez les chasseurs de têtes qu’il connaît bien lui revient à l’esprit, même s’il ne se hasarde pas à la formuler, face au regard bleu acier que Brigitte a posé sur lui :
-Bon venons en aux choses sérieuses : mensurations ?
Embarrassé, il tente cependant de la rassurer :
-Allons, Brigitte, tu sais bien que je reconnais les compétences comme les tiennes à leur juste valeur et que je t’ai accordé toute ma confiance. D’ailleurs, si tu voulais, tu serais plus que mon adjointe….
-Elle lui coupe la parole avec tact :
-Bertrand, ma situation me convient parfaitement et ta confiance m’honore.
Puis-je maintenant faire entrer la première candidate ?
Bertrand soupire puis consent :
-D’accord, allons y.
A suivre………

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